« Quand ça veut pas, ça veut pas! » – Départ reporté en 2019

Élément déclencheur

Ne vous est-il jamais arrivé en repensant à un changement important dans le déroulement de votre vie ou d’un projet de repérer un élément, qui peut paraître anodin d’ailleurs sur le coup, mais qui semble être le point de départ de ce changement et qui y restera attaché comme s’il était la cause du déclenchement de cette modification ?

Métal rongé, et joints caoutchouc d’étanchéité du faisceau à changer (c’est la cause du problème).

Pour ma part, cet évènement est survenu début juillet quand j’ai voulu changer un joint sur le collecteur de refroidissement du moteur d’Éden. Évidemment quand on doit retirer des vis serrées depuis longtemps, il arrive souvent qu’il y en ait toujours une qui rechigne à se débloquer. Et bien contre toute attente ici, il s’agit du contraire. Sur les trois vis qui tenaient en place cette contre-plaque, la dernière, et la plus inaccessible, n’était pas serrée. Et pour cause, comme j’en ai déjà parlé dans un précédent article, le métal à base d’aluminium, dans lequel ce boulon devait être vissé était complètement rongé par l’eau de mer.
Évidemment, la cause de ce problème était beaucoup plus grave : des joints défectueux avait laissé passer de l’eau de mer là où elle n’avait rien à y faire, et au fil du temps le métal s’est affaibli peu à peu jusqu’à être complètement rongé.
Bien sûr, étant en pleine période de vacances, et le moteur étant d’un modèle ancien, la réparation, la recherche des pièces détachées nécessaires et leur remontage ont pris du temps (près de 3 mois). Et cela a été en grande partie la cause d’un premier retard de mon départ, initialement prévu le 15 septembre 2018.

Bien sûr pendant ce temps je ne suis pas resté inactif et j’en ai profité pour concevoir et construire mon régulateur d’allure et compléter ma préparation (impression de cartes papier, réunion de matériel et équipements divers…).

Mauvaise météo (déjà)

Paysage inhabituel du port à sec de Port Saint-Louis, qui pour le coup est plutôt mouillé.

Le tout étant finalement réuni, j’ai pris la route du Midi courant octobre pour y terminer les derniers préparatifs.

La majorité des travaux devant être effectués à l’extérieur d’Éden, tout s’est bien passé les deux premiers jours où j’ai pu démonter les haubans à changer et faire divers travaux dans la mâture. Las, le sud de la France a connu ensuite une séquence de (très) mauvais temps, qui dure encore en partie au moment où j’écris cet article, m’obligeant à me retrancher à l’intérieur du bateau pour y faire des bricolages prévus, mais que j’aurais pu faire pour la plupart en cours de route.

Du fait de tous ces retards accumulés, la fenêtre de départ, possible pour la « Longue Route » est désormais largement dépassée. Le temps de terminer les travaux qui n’ont pu être faits me ferait partir beaucoup trop tard et me verrait arriver aux alentour du Cap Horn vers avril-mai, c’est-à-dire à l’automne austral, puisque les saisons sont inversées en hémisphère sud par rapport à notre hémisphère. Ce qui n’est pas bien sûr, la meilleure saison pour faire de la voile dans ces parages où, à cette époque, les jours sont plus courts (donc la veille des icebergs plus difficile), et le froid et les épisodes de mauvais temps d’une manière générale, plus importants.

Avoir confiance en son bateau

Les règles de la « Longue Route » impliquent de faire le tour du globe sans escale et sans assistance et c’est dans cet esprit que je compte participer à ce défi. Aussi il est important pour un tel projet de partir sur un bateau dans lequel on ait pleine confiance, et qu’on ait pu tester « en condition ». Ce qui n’est pas le cas puisque je n’ai encore jamais navigué sur Éden. Aussi le simple bon sens marin implique ici sans états d’âme, de remettre le départ à 2019.

La plupart des inscrits à la « Longue Route », dont moi, n’ont jamais mis les pieds dans les grosses mers du sud et il ne faut pas ajouter la crainte toujours présente liée aux conditions que nous allons rencontrer à la crainte liée à un bateau que l’on ne connaît pas ou dont on n’est pas sûr de la façon dont il se comportera dans le très mauvais temps. C’est ce qui s’est passé par exemple avec Guy-Marie Saliou qui craignait que son bateau casse et de ce fait ne prenait plus aucun plaisir à naviguer dans ces conditions, d’où son retrait de la « Longue Route ».

Aucune tristesse

Un tel projet commence bien avant le départ « officiel » et avec l’expérience on sait que les coups durs peuvent arriver aussi pendant la préparation. J’y étais prêt, aussi aucune tristesse dans ce report qui permettra de préparer encore mieux le prochain départ.

Aussi rendez-vous en 2019 !

—oOo—

En images ci-dessous, le rapport photographique des derniers travaux.

Un aperçu du chargement des affaires pour le tour du monde.

Protection de la pompe de cale. Cale où vont être entreposées la chaîne et l’ancre.

Renfort intérieur des hublots du roof.

 

Renfort intérieur des hublots de la timonerie.

Étanchéification des 2 demie-portes de la descente.

Plus d’autres travaux comme la reprise des points de rouille dans la cale, la fixation de verrous de blocage sur les batteries, planchers, couvercle de coffres, tiroirs… (en cas de chavirages) et divers petits travaux, que j’ai pu faire à l’intérieur d’Eden, à l’abri des intempéries.

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6 Responses

  1. Anthony Francis dit :

    Tu as bien raison! Il préférable de partir prêt, et dans de bonnes conditions! Profites en bien pour peaufiner les réglages et passer de bonnes fêtes de fin d’année en famille!! Amitiés.

  2. Pierre FETZER dit :

    Il ne reste plus qu’à prolonger le rêve par d’autres préparations et mises en bonne place… Mais le projet n’est pas abandonné pour autant et c’est le principal!!! Salut amical et poétique!

  3. patience …ce n’est pas si loin 2019 !
    Delphine

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