D’illustres aînés : Alain Colas

Alain Colas

Le 28 mars 1974, après 169 jours de navigation (avec une seule escale à Sydney), Alain Colas termine son tour du monde à la voile et devient le marin le plus rapide (en solitaire) à boucler un tour du monde à la voile.

Il succède ainsi à Sir Francis Chichester dont je vous ai déjà relaté l’histoire.

Pas du sérail

Alain Colas est une figure atypique dans le monde de la voile de l’époque : il n’est pas breton (il est né loin de la mer, en Bourgogne), découvre la voile (presque) par hasard lors d’un séjour en Australie et surtout, une fois découverte sa passion pour la voile, il gravit les échelons d’équipiers à skipper de talents en un temps record : équipier de Tabarly en 1968 il rachète en 1970 un des bateaux d’Eric (le trimaran Pen Duick IV), avec lequel il s’aligne et gagne la transat de 1972.
En 1973 il prend le départ de son tour du monde en solitaire sur Pen Duick IV (rebaptisé Manureva : « L’oiseau du voyage », en tahitien) et bat de 32 jours le record de sir Francis Chichester.

Toujours plus

Mais Alain ne s’arrête pas là et met aussitôt en chantier un voilier de 75 m de long (« Club Méditerranée »), avec lequel il veut s’aligner dans la transat en solitaire de 1976. Mais en 1975, un accident vient remettre en question sa participation : lors d’une manoeuvre de mouillage sur son Manureva, un cordage lui sectionne la cheville. Qu’à cela ne tienne, après de multiples opérations chirurgicales, Alain sera tout de même au départ de la transat de 1976 qu’il terminera second derrière… Tabarly.

Une mauvaise information lui ôtera la victoire : alors qu’il est en tête (malgré des voiles arrachées par les 5 dépressions qui se sont abattues sur la course) il apprend l’arrivée d’un voilier de la course près des côtes américaines (ce qui était une fausse annonce – il n’y avait pas de GPS à l’époque). Croyant la victoire lui échapper, Alain décide décide de faire une escale technique de 36 heures à Terre-Neuve pour réparer ses voiles. Il repart et termine finalement second à Newport, 4 heures seulement après Éric Tabarly.

Première course du Rhum

En 1978, il est au départ avec son multicoque « Manureva », de la première Course du Rhum.

Le 16 novembre 1978 à 4h du matin, alors qu’il est en tête de la course, Alain lance ce message : « Je suis dans l’oeil du cyclone. Il n’y a plus de ciel, tout est amalgame d’éléments, il y a des montagnes d’eau autour de moi… ». Ce sera son dernier message et il disparaît en mer où l’on ne retrouvera aucune trace de son bateau.

Outre ces qualités d’homme et de marins, Alain a su développer et mettre en avant tout le côté technique, communication et utilisation des sponsors afin de développer la voile de régate hauturière, et de la faire connaître encore plus au grand public, tout en donnant de lui l’image d’un aventurier des temps modernes qui va au bout de ses rêves.


(sources :  INA www.youtube.com/watch?v=_tsMfbdUGKU&t=2850s)

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