Le point à six mois du départ

Grand compte à rebours enclenché

Les départs de la « Longue Route » sont échelonnés dans le temps (entre juin et septembre 2018) de manière à ce que les bateaux inscrits, ayant des vitesses différentes selon leur taille, arrivent à la meilleure saison dans l’hémisphère sud pour traverser d’abord l’Océan Indien puis le Pacifique, avec comme point d’orgue le passage du Cap Horn.

Aussi certains bateaux, pour ceux qui partiront en juin, sont déjà à moins de 6 mois du départ, mais dans l’ensemble, ces 6 mois sont le laps de temps que va devoir utiliser au mieux, la majorité des skippers.

Pour certains le bateau est prêt, dans la mesure où un bateau peut l’être, car tout marin vous dira qu’un bateau n’est jamais tout à fait prêt mais qu’il faut bien partir un jour. Pour d’autres il reste encore du travail sur la planche et chacun y va de personnaliser et d’améliorer son bateau pour le préparer au mieux aux mers que nous allons devoir affronter.

Je fais partie du second groupe et j’ai encore certains choix à faire quand à certaines options concernant par exemple le régulateur d’allure (qui barre le bateau pendant qu’on manœuvre, se repose, fait à manger, bricole, répare… rêve, etc.), les voiles à embarquer, le gréement à renforcer (les câbles qui tiennent le mât), mais aussi les contacts avec les sponsors éventuels (dont je parlerais dans un prochain article) et une foule d’autres choses que nécessite un voyage aussi long où nous devrons être entièrement autonomes. Et comme je suis perfectionniste (parfois trop), certains problèmes sont parfois longs à trouver une solution qui me convienne.

Sans parler du côté physique ou un check-up complet est nécessaire (il serait vraiment trop dommage de devoir s’arrêter par exemple pour une rage de dents – ça s’est déjà vu). Et la préparation physique pour ce qui me concerne, se réoriente maintenant, de l’endurance vers un travail plus spécifique sur l’assouplissement et la musculation, par des exercices qu’il sera possible de poursuivre une fois en mer.

Un test grandeur nature

bruno challar barre longue route 2018Mon bateau étant basé actuellement dans le midi de la France, il va falloir le ramener en Bretagne pour le départ.

Je compte faire le trajet d’une seule traite (1600 milles, soit environ 3000 km en route directe – certainement plus longue au final). Cela me permettra de tester Eden, avec lequel je vais naviguer pour la première fois et… de me tester moi-même (il y a un moment que je n’ai pas navigué). En résumé de voir ce qui va et ce qui ne va pas, de manière à tout mettre au point avant le départ.

D’autres aspects de la préparation

longue route 2018 bruno challardMais avant le grand départ il faut prendre en compte également que ce périple est un peu particulier. Il va nous laisser en effet absent pour un temps relativement long qui oblige a prévoir et régler à l’avance, certains aspects liés au bateau lui-même : administratif par exemple avec le paiement de certains frais récurent liés au bateau (taxe de francisation, assurance…) dont l’échéance va tomber pendant que nous serons en mer. Mais aussi gérer le suivi média du projet pour ceux qui ont un site et qui désirent le faire vivre en partageant avec ceux qui restent à terre, le détail de leur aventure.

« Ne pas prévoir, c’est déjà gémir » (Léonard de Vinci)

Mais d’autres aspects sont aussi liés à la situation personnelle de chacun.

D’une manière générale que ce soit au niveau professionnel ou personnel, comme ce projet n’est pas sans risque, il va falloir gérer un éventuel non-retour pour éviter aux proches de futurs problèmes. Et quand on a eu comme moi différentes vies au travers de mes diverses activités : magicien, danseur professionnel, dirigeant d’association lanceuse de projets dont certains sont encore en cours, il va falloir pour certains aspects déléguer les tâches et pour d’autres, prévoir et préparer une éventuelle succession.

On le voit une telle aventure dépasse et de loin le simple aspect nautique mais fait réellement partie d’un projet de vie à part entière, qu’il convient d’organiser au mieux avec toutes les contraintes que cela implique. Cela permettra le moment de partir l’esprit (plus) tranquille et pouvoir se consacrer ainsi à 100% à cette nouvelle expérience en en profitant pleinement.

 

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